Manifeste du voyageur inconnu
Sans toi…
Comme un train roulant au long des dunes…
Comme un bateau perdu sous la lune…
Je cherche ma voie…
Emporté par ton hasard
Ma boussole me ment tous les jours…
Et ton étoile du nord me joue des tours…
Et je m’égare…
Derrière tes portes fermées à clé…
Il y a parait-il des jardins oubliés…
Des escaliers montant au septième ciel
Là où les mots s’embrassent follement
Et « ta compagnie » se confond avec « le miel »…
C’est ainsi que parfois les choses n’ont plus de sens…
Que l’oubli devient un rite fondateur de la romance…
Que mon désir d’écrire se révolte sur ton absence…
Transcende les nuages jusqu’aux étoiles
Et transperce le silence…
Excuse-moi…
Je ne sais pas mentir…
On ne m’a pas appris l’amour
On ne m’a donné aucun cours
Pour que je te raconte de fausses histoires
Et te berce par de beaux discours…
Excuse-moi…
Je ne sais pas mentir…
On ne m’a pas appris l’hypnose
Pour que je te bâtisse un palais en or
Et te redessine la vie en rose…
Pour te chanter les louanges de l’illusion
Et te jouer avant que tu ne dormes une grandiose symphonie…
Pour te vendre le rêve de vivre au-dessus des nuages
Et de trouver de l’eau bénite dans un obscur mirage…
Tout ce que j’ai, c’est ce moi taillé dans la pierre du
destin
Une incrustation divine dans un décor au semblant humain
Parfois je me perds aussi dans ce que je suis
Je me cherche, je me retrouve et je me fuis
Comme toi, j’ai horreur de la platitude
Du bonheur uniforme sculpté dans la norme et l’habitude…
La beauté est pour moi une forme de mystère
Un voyage de cent siècles au large de la mer
Une perle enfouie dans une coquille austère…
Et voilà que là, je suis juste moi-même…
Des paradoxes entassés dans la peau d’un bohème…
Des questions résonnant dans le vide absolu
En puissant orage cisaillant le matin blême…
De là ou je me tiens, me vois-tu assez ?
Te comprends-tu et me comprends-tu assez…
Pour m’excuser si jamais…
Je ne sais pas mentir…
Me connais-tu assez…
Pour savoir qu’on ne m’a rien appris
Pour savoir qu’avec toi j’apprendrai…
Avec toi, enfin, je saurai…
Je serai.
Malek D'Orient

